Ce que j’ai appris au Salon RAMF sur les besoins des familles
Il y a une quinzaine de jours, Ya’soub a participĂ© au Salon RAMF (Rencontre Annuelle des Musulmans de France).
Un moment riche, mais surtout révélateur.
Au fil des échanges, une question est revenue souvent : « comment donner envie à un enfant de lire en arabe? »
Parce quâen rĂ©alitĂ©, le constat est lĂ :
il existe encore peu de livres pour enfants en arabe accessibles, variés et adaptés aux enfants qui grandissent en France.
Beaucoup de parents me parlent de leur difficulté à trouver :
- des histoires du quotidien
- des récits dans lesquels leurs enfants peuvent se reconnaßtre
- autre chose que des contenus exclusivement religieux
Ce que jâai observĂ© chez les enfantsÂ
Ce qui mâa le plus marquĂ©e, ce sont eux.
Ă un moment, deux enfants ont choisi chacun un livre, se sont assis par terre au milieu du stand, et se sont mis Ă lire.
Sans quâon leur dise quoi que ce soit.
Sans intervention.
Ils feuilletaient, sâarrĂȘtaient, revenaient en arriĂšre.
à cet instant, ils ne cherchaient pas un livre en français ou en arabe, mais une histoire qui les attrape.
Et câest lĂ que quelque chose devient Ă©vident : le lien au livre passe dâabord par le plaisir.

Ce que les parents expriment vraiment
Du cÎté des parents, les mots sont simples⊠mais chargés.
- âJe veux quâil garde un lien avec lâarabeâ
- âJe ne trouve pas de livres adaptĂ©sâ
- âJâaimerais quâil lise⊠mais je ne sais pas par oĂč commencerâ
DerriĂšre la recherche de livres pour enfants en arabe, il y a un besoin profond :
đ transmettre, sans forcer
đ accompagner, sans dĂ©courager
đ crĂ©er un lien, sans pression
Et souvent, la rĂ©alitĂ© est que le manque dâoptions rend cette transmission plus complexe.
Une demande qui revient : les livres bilingues
Un autre point est revenu, encore et encore.
Les mamans mâont parlĂ© de livres bilingues.
Certaines mâont mĂȘme encouragĂ©e Ă aller dans cette direction.
Pas forcĂ©ment pour remplacer lâarabe, mais pour crĂ©er un pont, notamment pour des mamans qui ne maĂźtrisent pas toujours la langue et qui ont besoin dâun support simple pour expliquer au quotidien, sans devoir chercher chaque mot.
Un pont entre deux langues.
Entre deux repĂšres.
Cette demande mâa interpellĂ©e, parce quâelle rĂ©vĂšle un besoin dâĂ©quilibre.
Une réflexion en cours
Mais proposer des livres bilingues ne se fait pas à la légÚre.
Cela pose des questions importantes :
- est-ce que cela aide rĂ©ellement lâenfant ?
- est-ce que cela facilite⊠ou ralentit lâappropriation de la langue ?
- comment crĂ©er un Ă©quilibre sans perdre lâessence de chaque langue ?
Aujourdâhui, je nâai pas encore toutes les rĂ©ponses, mais ces Ă©changes ont clairement ouvert une rĂ©flexion.
Une rĂ©flexion que je prends au sĂ©rieux, et que jâexplore pour la suite.
Ce que je retiens en tant quâĂ©ditrice
Ce salon mâa rappelĂ© quelque chose dâessentiel :
Les livres pour enfants en arabe ne sont pas juste des supports. Ce sont des outils de lien.
Et peut-ĂȘtre que le vrai enjeu nâest pas seulement de transmettre une langue, mais de donner envie Ă lâenfant dây revenir.
Et aprĂšs ?
Le salon est terminé.
Mais les échanges, eux, continuent de travailler en moi.
Ils ont fait émerger des questions, des pistes, des intuitions. Notamment autour du bilinguisme, et de la maniÚre dont on peut accompagner les enfants sans les perdre.
Je prends le temps dâobserver, dâĂ©couter, dâanalyser.
Pour que les prochains projets soient à la hauteur de ces besoins réels.
Et si toi aussi tu cherches des livres pour enfants en arabe qui parlent vraiment aux enfants,
tu peux découvrir mon univers ici





